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Jean-Michel Vecchiet grandit les premières années de son enfance dans l’hôtel de sa grand-mère. Il passe leplus clair de son temps dans le salon d’accueil de cette petite pension où sont mis à disposition des clients lesjournaux quotidiens, mais aussi Jours de France et Paris Match. « De 1960 à 1970, j’ai découvert sans en avoirconscience, avec mes yeux d’enfant, le vaste monde, celui des conflits et de la géopoli- tique à travers letravail des photographes qui étaient envoyés au Viet- nam, à Cuba, sur les bases du programme Mercury,etc. »Les grands noms de la photographie défilent sous ses yeux et les images qu’ils ont rapportées fascinent lejeune Jean-Michel. Mais ce n’est que bien plus tard, au lycée puis à l’université, qu’il mettra des noms tels queDon MacCullin ou Marc Riboud sur ces photos qui continuent de le fasciner, tout comme la peinture d’ailleurs.Son cursus universitaire achevé, il commence à réaliser des films, puis des documentaires. À la fin des années80, Claude Hudelot — à l’époque directeur des rencontres de la photographie d’Arles — lui propose de réaliserle portrait du pho- tographe Hans Namuth. « Pour moi, c’était le maître des Maîtres en termes dephotographie et de portraits d’artistes. »À travers les nombreux films de Vecchiet — que ce soient sur des photo- graphes ou sur des faits historiquestraités à travers la photographie — on comprend le rapport que le réalisateur entretient avec elle : comme uneœuvre, mais aussi comme une sorte d’acteur qui se joindrait au film et donnerait sa propre parole à traversl’image, mais en aucun cas comme une illustration. « Le regard des photographes invite à penser laplanète. Et même s’ils sont la plupart du temps « muets » derrière leur appareil photo, ils nous délivrent unepart du monde que ce soit par leurs photographies ou par leur propre pensée. » Ces nombreuses rencontresavec les grands noms de la photographie l’ont amené à collecter énormément d’entretiens aujourd’huiclassés soigneusement dans des boîtes en carton et des disques durs. « J’ai trouvé qu’il y avait une matièreformidable mais surtout beaucoup de frustration à laisser tous ces rushs inutilisés. » Aujourd’hui, le réalisateurs’associe avec les éditions Revelatœr pour publier une série de livres basée sur ces innombrables entretiensde photographes et d’acteurs du monde de la photographie qu’il a rencontrés tout au long de sa carrière.Ensemble, nous avons décidé de construire une sorte de « paroles de photographes » pour les écouter nonseulement parler de leur photographie mais aussi du monde qui nous entoure, qu’il soit artistique, politiqueou qu’il porte sur les conflits des XXe et XXIe siècles. Il nous apparaît aujourd’hui essentiel que cestémoignages singuliers et inédits soient publiés et présentés à un large public.Le premier opus de cette collection portera sur le photographe Peter Beard d’après des entretiens que Jean-Michel Vecchiet a réalisés à New York en 1997. Symbole de la jet-set mais aussi lanceur d’alertes sur unmonde qui collapse, Peter Beard a passé sa vie à photographier aussi bien l’empire de l’argent quel’effondrement de la biodiversité. C’est ce paradoxe qui fait de Beard un photographe hors norme. À travers leprisme de ses rencontres avec Andy Wharol, Jackie Kennedy, Truman Capote, etc., mais aussi grâce à sonapproche pratiquement mystique d’une Afrique qui va disparaître, nous comprenons toute l’épaisseur dupersonnage.Les autres photographes dont seront publiées les conversations dans cette collection seront tout autant desper- sonnalités emblématiques du monde de la photo : hommes et femmes qui ont témoigné ou témoignentencore des bouleversements du monde à travers des univers singuliers
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